mercredi 17 avril 2019

Des cailloux équipés de traceurs pour l'Armançon

Le 7 mars dernier, l'équipe du pôle rivière du SMBVA s'est réunie pour équiper plus de 300 cailloux de traceurs radio.
Ce sont des PIT-tags (Passive Integrated Transponders) qui ont été insérés dans les sédiments, une technologie à l'origine appliquée au suivi des poissons. Ces PIT-tags prennent la forme de tubes en verre dans lesquels on trouve un petit émetteur radio qui s'active uniquement lorsqu'il est soumis à un champ magnétique (c'est un peu le même principe que certains badges de résidence, de portail ou de garage).

Les 3 tailles de tags

 Lorsque l'on prospecte le cours d'eau avec une antenne dédiée, cette dernière active le tag et ce dernier lui communique sont identifiant. Il est ainsi possible de suivre la progression de chaque cailloux marqué dans le cours d'eau, ils ont tous leur propre identifiant unique, c'est son "tag".
Vu que les émetteurs sont passifs et ne s'activent que lorsqu'ils sont stimulés par le champ magnétique de l'antenne de détection, il est possible de les capter pendant plus de 50 ans !
Le suivi de ces particules devra permettre de comprendre à quelle vitesse progressent les cailloux vers l'aval et comment le cours d'eau les transporte.
L'utilisation de ces particules permettra également d'étudier le regain d'énergie de la rivière après enlèvement de barrages, et ainsi de mesurer le succès des opérations de restauration de la continuité sédimentaire conduites par le syndicat !

Des cailloux rainurés, tagués et refermés 



mardi 2 avril 2019

Etat d’avancement de la restauration des sources du Boutois à Villeneuve-au-Chemin


Le jeudi 21 mars 2019, les travaux du site des sources du Boutois ont repris. Durant 3 jours, l’entreprise Mouturat (qui a obtenu l’appel d’offre) a travaillé sur le site.
Au programme :
-    Abattage d’arbres afin de créer de la luminosité et retirer les essences exotiques et non autochtones
-    Enlèvement de la Renouée de Japon espèce envahissante des milieux aquatiques
-    Création d’un arbre Totem (refuge pour les insectes et la faune saproxylique*)
-    Maniement de la vase pour créer une mare ainsi que des berges en pente douce
-    Création d’un lit méandriforme pour le cours d’eau

Figure 1 : Enlèvement de la Renouée du Japon dans des Big-Bags afin d’être exportée

Figure 2 : Une pelle est intervenue pendant 3 jours sur le site

Figure 3 : Après travaux

La suite :
Un panneau pédagogique est en préparation. Un chemin piéton va être créé pour permettre au public d’accéder au bord du site. La végétation va se mettre en place, elle sera plutôt homogène au début puis se diversifiera, le SMBVA suivra son évolution.
 
*Une espèce saproxylique est "impliquée dans, ou dépendante, du processus de décomposition fongique du bois, ou des produits de cette décomposition. Elle est associée à des arbres tant vivants que morts.

mardi 26 mars 2019

2018 : une année « normale » pour les années à venir


L’année 2018 est l’année « type » des années à venir, à cause du changement climatique en cours. En effet, au sortir de l’année 2017 marquée par une sécheresse généralisée du fait de cumuls de pluies en dessous des normales et des nappes phréatiques initialement basses, les premiers mois de l’année 2018 ont compté deux pics de crue importants (semblable à mai 2013 sur l’aval) tandis qu’à partir d’avril, le déficit en pluie et les fortes chaleurs continues, ont occasionné une sécheresse elle aussi importante.

La courbe des débits à Aisy-sur-Armançon reflète parfaitement ces phénomènes météorologiques (ci-dessus). Les pluies soutenues survenues en janvier et février ont permis de remplir partiellement les nappes phréatiques, les sols et les zones humides, sans qu’ils puissent assurer un soutien d’étiage suffisant pour les 8 mois suivants. Ainsi, les débits mesurés sur le bassin versant étaient inférieurs à la moyenne, d’avril à novembre, comme en 2017.

Toutefois, sur une année, c’est surtout la répartition temporelle des évènements qui change : les cumuls pluviométriques et les nombres de jours de pluie sont dans les moyennes.

lundi 25 mars 2019

Le recoupement de méandres de la ferme de Crécy



La progression du recoupement visible sur photographies aériennes



La présence du barrage de La Caillotte et la réhausse de sa côte d’exploitation (hauteur de chute, dite aussi hauteur de pelle), notamment durant et au sortir de la seconde guerre mondiale, ont grandement perturbé la rivière. L’usine hydro-électrique génère un blocage d’une partie de la charge grossière (galets, sables, etc.) du cours d’eau et un ralentissement de la progression de l’ensemble du reste de cette charge. En conséquence, le cours d’eau doit se « recharger » en matériaux grossier à l’aval du barrage, c’est ce que les spécialistes ont appelé le phénomène des « eaux affamées » (« Hungry waters », Kondolf, 1997).
Son expression la plus connue est l’érosion latérale qui alimente la mobilité des rivières. Les rivières « bougent », changent de position en plan, en érodant du matériel et en en déposant d’autre.
La rivière crée des terres et en emporte d’autres.
Mais un autre facteur est mobilisé à échéance plus longue : la pente. En effet, le cours d’eau peut augmenter sa puissance pour se recharger en sédiments, en augmentant sa pente.
C’est ce qui s’est produit à l’aval du barrage, le cours d’eau a recoupé ses anciens méandres pour couler plus bas en altitude avec une pente plus forte. Le cours d’eau a gagné en puissance et a emporté tous les matériaux sur le passage de son recoupement. Aujourd’hui, son ancien lit, abandonné entre 1963 et 1972, se retrouve « perché » par rapport au lit actuel.
Le recoupement s’est fait par « surverse », c’est à dire que lors des crues, l’essentiel des débits est passé à l’emplacement du chenal actuel et n’a pas suivi le tracé des méandres. Ces écoulements importants et très concentrés ont érodé les sols et sous-sols présents, jusqu’à ce que le chenal ainsi créé devienne le lit de l’Armançon.
Vous pouvez voir dans les documents qui suivent comment se type de dynamique se traduit en termes de formes fluviales et de paysages fluviaux.




a. Ancienne confluence du tronçon court-circuité et du chenal de dérivation, le 20/04 (QJM : 28,29 m3/s)

b. Ancien lit en cours de fermeture (connecté par le chenal de dérivation le 20/04)

c. Ancien enrochement de berge du lit mineur recoupé, connecté par la nappe le 20/04

d. Dépôts de matériel grossier (graves à pierres fines) le 25/04

e. Affouillement et tablier d’éboulis en pied de berge le 25/04 (QJM : 23 m3/s). Noter la présence de résidus des surfaces de bandes enherbées effondrées

f. Confluence de l’un des tributaires principaux (ancien méandre de l’Armançon), dépôts récents de fines à graviers grossiers, le 25/04

g. Ancien lit mineur de l’Armançon, aujourd’hui perché par rapport au lit mineur actuel, le 20/04 (vue vers l’Est)

 h. Ancien enrochement de rive droite aujourd’hui en banc de convexité, le 20/04