lundi 14 mai 2018

Restauration du Créanton aux Pommerats, à Venizy

Le SMBVA travaille depuis plus d’un an sur la restauration de la continuité écologique au droit du moulin des Pommerats sur le Créanton.
A l'image des travaux réalisés à l'aval, sur le site de l'ancienne pisciculture (lire l'article concerné), ce projet permettra au Créanton de retrouver une pente et un tracé plus naturels. Cette restauration à pour but d'améliorer l'état écologique de cette rivière dont un état initial comparatif a été réalisé (voir article sur la qualité biologique).

Créanton avant travaux

Pendant les travaux : nouveau lit du Créanton

Les travaux de renaturation ont démarré lundi 24 avril 2018. Ce chantier écologiquement ambitieux durera 4 semaines, est réalisé par l’entreprise MOUTURAT JAD.

vendredi 4 mai 2018

Fin des travaux de restauration du ru de Lasson

Aujourd'hui, les travaux de restauration du ru de Lasson se sont achevés.
Près de 80 m² d'hélophytes (Iris, Carex, Jonc), ont été plantées sur les banquettes qui ont également été ensemencées par un mélange de graines adapté aux milieux humides.


Partie amont avant travaux 

Partie amont avec banquettes minérales

Rappel : première partie de la réalisation en janvier 2018 (lire l'article concerné)

mardi 24 avril 2018

Répartition des débits à Fulvy

Le réseau hydrographique de Fulvy est modifié de longue date. Un ouvrage partiteur sur l'Armançon, réglementé par un droit d'eau de 1856, amène du débit dans le bras du village, qui était autrefois un affluent à part entière, alimenté par la source de Vau Chausay. Ce débit permettait jusqu'au début du XXème siècle d'alimenter en série, un moulin, puis une scierie.
Vu sur le bras de Fulvy et la scierie de pierre - début XXème

 Aujourd'hui, il n'y a plus d'utilisation de la force de l'eau, plus de vannes et les niveaux d'eau ne respectent plus le droit d'eau. Dans cette situation, le débit de l'Armançon en période d'étiage est réparti entre la rivière et le bras de Fulvy, ce qui est contraire à la loi, puisqu'en période de très basses eaux, le débit de l'Armançon ne doit pas être dévié de son cours naturel, afin de préserver les écosystèmes.


 Plan hydrographique de Fulvy

Depuis 2016, le SMBVA travaille à la recherche d'un projet d'aménagements qui aura pour objectifs :
- le respect du débit réservé de l'Armançon,
- la restauration de la pente naturelle de l'Armançon
- la restauration de la continuité piscicole et sédimentaire
- le respect du cadre de vie et des usages (non-aggravation des inondations, aspect paysager, loisir, abreuvement du bétail,...) .


Dans ce cadre, une concertation a été réalisée le 13 avril 2018 avec les riverains du projet, afin de partager le diagnostic et de faire remonter les attentes de la population.

Rivières vivantes Seine amont

jeudi 19 avril 2018

Conséquences d'un enrochement de berge : érosion éclair au gué des pierres.

Erosion du méandre du gué des pierres

En plus d'avoir un débit d'eau, les rivières ont une capacité à transporter des sédiments. Lorsque cette capacité n’est pas mobilisée pour charrier des matériaux, la rivière érode pour en prendre en charge.
En arrivant sur un méandre, le changement d’orientation du flux va accélérer les vitesses de la rive concave (extrado) en créant une érosion, et déposer de la charge en rive convexe (intrado) où les vitesses et la capacité de transport est moindre.

 Situation du méandre du gué des pierres sur l'Armançon

Cette dynamique naturelle est souvent empêchée par la mise en place de protections de berge, un enrochement par exemple.
Toutefois, ces aménagements ne sont pas sans conséquences : l'énergie de la rivière, n’ayant pas pu se dissiper en érodant la berge, du fait de l’enrochement, l'eau prend de la vitesse, se faisant, elle augmente les forces tractrices qu’elle peut exercer, et donc, sa capacité à éroder.
Cette capacité augmentée va venir s’exercer sur le prochain secteur non protégé.
C’est exactement ce qui s’est produit au gué des Pierres (ci dessous).


En 1993, la berge concave du premier méandre a été enrochée.
En conséquence, la rive concave du méandre suivant s’est vue exposée à une rivière aux capacités érosives augmentées.
En trois ans seulement après l’enrochement, le méandre a progressé de 32 mètres dans le pré voisin. Une surface de 6500 m² a été perdue rien que sur cette période.

Artificialiser des berges n'est donc pas une opération à prendre à la légère.

mardi 17 avril 2018

Journée de sensibilisation : agriculture biologique, désherbage mécanique et ateliers de transformation

Lundi 9 avril 2018, l’animation agricole du Syndicat Mixte du Bassin Versant de l’Armançon, la Chambre d’Agriculture de l’Yonne, Biobourgogne, Union bio semences, la Chambre d’Agriculture de l’Aube et les structures animatrices de Bassins d’Alimentation de Captage (Mission d’Animation de Protection des Captages, Eau de Paris, L’Association de la plaine du Saulce, Pays Gâtinais) ont co-organisé une journée de sensibilisation à destination des agriculteurs.

Au programme, des ateliers de simulation technico-économique du passage d’une exploitation conventionnelle à l’agriculture biologique qui ont réuni une quarantaine de participants le matin…






 
   
Ateliers de simulation technico-économique
… puis l’EARL de la Fringale à Lasson a ouvert ses portes pour une présentation de l’exploitation en agriculture biologique, un point technique sur le matériel de désherbage mécanique et une visite de l’atelier de transformation.

  
Présentation de l’exploitation et visite de parcelle

Visite de l’atelier de transformation : moulin à farine

Si la météo capricieuse n’a pas permis de réaliser la démonstration de désherbage mécanique sur céréales à grands écartements, l’après-midi a réuni une centaine de participants. Un grand merci à Anthony Michelet, associé à l’EARL de la Fringale pour son accueil et les échanges riches et nombreux.

lundi 26 mars 2018

Bilan de l'hiver 2018 (partie 2/2) : de la douceur, de la pluie et des crues

Des crues hivernales habituelles

Les crues hivernales sont habituelles sur le territoire, certaines ayant occasionné des dégâts importants (janvier 1910 et 1955, décembre 2002 et 2010...). Les précipitations régulières et soutenues, après s'être infiltrées dans les interstices du sol et du sous sol, finissent par remplir les nappes phréatiques et saturer les sols : l'excédent vient gonfler les rivières et forme une onde de crue. Facteur aggravant en hiver, la végétation est peu développée : elle ne puise donc pas d'eau dans le sol et retient peu les ruissellements venant des coteaux.
On peut voir sur le graphique ci-dessous que les deux pics de crue sont bien une réaction suivant les forts cumuls de la semaine précédente :
Evolution du débit de l'Armançon à la station de Brienon et cumuls hebdomadaire des pluies sur le bassin versant de l'Armançon

Un bassin pouvant absorber une partie importante des pluies

Suite à l'année 2017 très sèche, les sols du bassin versant de l'Armançon étaient vides début décembre (cf. article précédent). On peut donc obtenir, à partir des cumuls spatialisés des pluies (lames d'eau radar ANTILOPE) et des débits à l'exutoire de Brienon, un ordre de grandeur du volume d'eau maximal que peuvent retenir les sols du bassin versant de l'Armançon.
Détermination de la répartition entre les volumes d'eau précipités (pluie) et les volumes sortant par les rivières (débit) ramenés en m3 (rappel 1 mm de pluie = 1 litre au m² = 0.001 m3/m²)
Entre le 10 décembre et le 18 février, presque 1 milliard de m3 d'eau est tombé sur le bassin de l'Armançon.

Environ 280 000 000 m3 ont pu être stockés dans les sols et sous-sols (nappes phréatiques), l'excédent a été retrouvé dans les rivières (env. 720 000 000 m3).



lundi 19 mars 2018

Bilan de l'hiver 2018 (partie 1/2) : de la douceur, de la pluie ...

Alors que l'hiver touche à sa fin, voici un petit bilan de cet hiver avec un estimatif du volume d'eau que le bassin versant de l'Armançon est capable d'absorber.

 

Un hiver très doux avec des températures en dent de scie

 

Malgré quelques journées de gel, l'hiver 2018 est surtout marqué par de la douceur (zéro jour de gel en janvier dans l'Yonne à Auxerre !). Ce constat se reproduit à l'échelle de la France où les écarts de températures aux moyennes sont positifs (plus chaud) avec des fortes variations d'une semaine à l'autre. 

Evolution des températures minimales et maximales journalières et écarts aux moyennes (source Météo France)
En moyenne, les températures ont été supérieures de 1 à 2°C par rapport aux normales (cf. ci-dessous). Note : l'hiver météorologique se compose des mois de décembre, janvier et février.

Ecarts aux moyennes saisonnières (source Météo France)

Des cumuls de pluies importants


Le Nord Est de la France ainsi que les Alpes ont été bien arrosés, avec par endroits plus de la moitié des cumuls moyens annuels.
Cumuls de pluie saisonnier de l'hiver 2018, entre décembre et février (source Météo France)

Sur le BV de l'Armançon, les pluies ont été soutenues sur l’ensemble du territoire avec des maximums localisés sur l’Est (Oze et Brenne aval). En deux mois, Montbard a reçu environ la moitié de sa moyenne des pluie (moyenne = 760 mm/an).

mardi 13 mars 2018

Flash BAC : les mesures de reliquats azotés

Sur les Bassins d’Alimentation de Captage (BAC) à enjeux nitrates, la période hivernale est l’occasion d’estimer la fuite des nitrates dans le sol (phénomène de lessivage). Sur le BAC de la Source du Créanton près de Venizy et sur le BAC de Marolles-sous-Lignières, des campagnes de prélèvements de terres ont eu lieu fin novembre puis fin janvier. Des pesées de colza ont également été réalisées pour estimer la quantité d’azote absorbée par la culture avant l’hiver.

Prélèvement de terre réalisé à la tarière hydraulique (22 novembre 2017) 

Les résultats seront mis en relation avec les pratiques agricoles puis discutés avec les agriculteurs pour identifier des pistes d’amélioration à mettre en place pour protéger la ressource en eau. Les données sont également utilisées par les agriculteurs pour établir le plan prévisionnel de fumure et ajuster au mieux la fertilisation azotée en fonction des besoins de la culture et de la quantité d’azote déjà présent dans le sol.

 Pesées de colza (23 janvier 2018)
 

vendredi 2 mars 2018

Restauration de la confluence entre l'Armance et le Landion

C'est à Davrey, sur le territoire de la Communauté de Communes du Chaourçois et du Val d'Armance, que l'actuel projet le plus ambitieux du SMBVA pourrait voir le jour .
"Un projet environnemental, touristique et pédagogique" écrit Christophe RUSZKIEWICZ dans l'Est éclair ce matin.

 Plan des aménagements proposés

Le projet a pour principal objectif de restaurer localement les zones humides et les sinuosités des cours d'eau qui composaient autrefois le patrimoine naturel de cette belle vallée.
Construit en collaboration avec les différents partenaires naturalistes et les acteurs locaux, ce site portera également un sentier pédagogique permettant le développement éco-touristique du territoire et la sensibilisation du jeune public, de la même fibre que la réhabilitation du marais de la Druyes, présentée dans un article publié le 22/11/2017 sur notre blog.

Rivières vivantes Seine Amont

vendredi 2 février 2018

Crues de janvier 2018 (suite)

Suite aux précipitations importantes de la fin des mois de décembre et janvier, les cumuls atteignent entre 150 et 250mm. Les plus importants étant localisés à l'Est du bassin versant, sur l'Oze notamment (cf. carte ci-dessous).
Cumuls de pluie pour le mois de janvier sur le bassin de l'Armançon - sources Météo60 et SMBVA

 Les crues engendrées ont donc été principalement alimentées par l'Oze sur l'amont du territoire :
Hydrogrammes des crues du mois de janvier aux stations amont (Montbard, Quincy-le-Vicomte, Brianny, Brain et Darcey) - source Vigicrues

Sur l'aval, c'est la crue du bassin de l'Armance, équivalente à celle de 2010, qui a entrainé des débordements et gonflé les débits de l'Armançon à l'aval de St-Florentin.
Hydrogrammes des crues du mois de janvier aux stations aval (Aisy-sur-Armançon, Tronchoy, Chessy-les-Prés et Brienon-sur-Armançon) - source Vigicrues


Aussi, la crue peut être caractérisée par :
- une période de retour proche de 10 ans à Darcey, Aisy-sur-Armançon et Montbard (crue décennale),
- une période de retour proche de 30 ans sur l'Armance à Chessy-les-Prés,
- une période de retour supérieure à 10 ans à Brienon-sur-Armançon.


Durant cet épisode et dans les semaines qui vont le suivre, les agents du Syndicat se rendent sur les zones inondées pour apporter leur expertise, lever des laisses de crues et constater la situation. 
Esnon, le 24 janvier 2018 - marquage des hauteurs maximales atteintes - source SMBVA