mardi 12 mars 2019

La mise en place de bancs alluviaux et leur végétalisation dans le plan d’eau de Bas-Rebourseaux





Le remplissage de Bas-Rebourseaux, l’ancienne gravière de la SNCF (Société Nationale des Chemins de fer Français) est évident, même sans avoir à effectuer des levées topographiques des dépôts. L’observation des différentes photographies aériennes de l’emprise du plan d’eau peuvent suffire.


Evolution des dépôts de la gravière depuis sa création jusqu’en 2017


Dès 1983, intervient le phénomène qui a fait dire aux ingénieurs de la SNCF que le plan d’eau était impropre à l’implantation d’une base de loisirs : l’inconsistance des écoulements de l’Armançon dans le plan d’eau. En effet, le changement d’orientation des veines liquides (axes d’écoulement de la plus grande partie de l’eau) par comblement du thalweg (ligne constituée par les points les plus bas du relief, et donc chemin que prennent les eaux) de 1981 est visible. Des dépôts exondés apparaissant déjà malgré la hauteur d’eau prévue de 2 à 2,50 mètres en basses eaux par la SNCF. Les premiers bancs de galets et autres matériaux s’engraissent rapidement. La végétalisation du plus ancien banc est visible dès 1985. En 1987, elle est manifeste. Commence à être visible en plus à cette date, la progradation de la rive gauche du lit mineur de l’Armançon au sein de la gravière par dépôt latéral. L’Armançon reconstitue donc ses berges par dépôt dans le plan d’eau. En 1996, un banc central se met en place entre la progradation des berges. Les veines liquides de l’Armançon se séparent donc entre l’ancien chenal de dérivation (chenal au nord du plan d’eau) et le centre de l’ancienne gravière. Les deux chenaux ainsi définis sont restés pérennes jusqu’à nos jours. Le fait le plus marquant à partir de 1996, est l’accroissement des surfaces de bancs exondés et leur pérennisation par colonisation végétale.

L’évolution des surfaces exondées et de leur végétalisation et donnée ci-dessous.


Dans un cours d’eau, les écoulements transportent une grande quantité de graines de plantes en plus des habituels blocs, galets, gravillons, sables, etc. Lorsque le cours d’eau dépose ces matériaux, les graines sont déposées en même temps que le substrat qui va pouvoir leur permettre de pousser. Leur croissance sur place est ensuite conditionnée par les débits, les crues et leurs courants arracherons en effet les jeunes plants qui ne seront pas encore suffisamment solides.
En termes de végétalisation on remarque la forte progression entre 1985 et 1993. Elle peut s’expliquer, comme nous l’avons vu plus haut, par la corrélation entre la colonisation des premiers dépôts exondés, permettant la progression rapide des végétaux, et la faiblesse des débits durant cette phase suivant la première colonisation végétale. En effet, entre 1985 et 1992, seuls 1,6 QJM (débit moyen de journée) par an ont atteints des valeurs proches du pleins bords (le pleins bords est le débit pour lequel le lit mineur est rempli au maximum, il constitue en somme le débit limite avant que le cours d’eau déborde, ici, la limite est fixée à 197 m3/s, c’est le débit pour lequel la rivière est ici « à raz-bords »). C’est bien plus faible que la moyenne de la période 1981-1992 (voir ci-après). De plus, les 11 jours au débit moyen atteignant le pleins bords sont concentrés sur l’année 1988 (9 jours) et dans une moindre mesure 1986 (2 jours). De plus, ces années ont connu des périodes de basses eaux étendues, sans forcément avoir des étiages marqués (les basses eaux interviennent toutes les années hydrologiques, les étiages sont plus rares et sont en somme l’inverse d’une crue). En effet, en 1990 par exemple, les basses eaux sont intervenues tôt (dès début juin) et se sont poursuivies jusqu’à la fin octobre. Ce calendrier hydrologique favorable explique la forte végétalisation des bancs. Les végétaux ainsi implantés augmentent la rugosité de la section d’écoulement (capacité à exercer de la friction et donc « freiner » l’eau, et forcer le dépôt que cette eau transporte, en plus de simplement bloquer la progression des galets par « effet de peigne »). Ce qui explique que les bancs végétalisés se soient ensuite rapidement étendus en surface après végétalisation, cette dernière piégeant la charge de fond. Il est à noter la réduction des surfaces de bancs, végétalisés et non végétalisés entre 2014 et 2017. Ce fait est explicable par une conjonction de facteurs : tout d’abord, l’orthophotographie établie en 2017 ne couvre pas l’intégralité de la gravière, ensuite les débits au tiers du module (débit moyen mesuré sur au moins 30 ans de relevés) ont pu limiter les surfaces de dépôts exondés comparativement à d’autres dates de prises de vues. Ensuite, l’année hydrologique 2016 de l’Armançon a vu se succéder deux événements majeurs : une crue quinquennale (qui a une chance sur cinq de se produire dans l’année, donc si l’on observe une très longue série de débits, cette valeur de crue reviendra en théorie une année sur cinq en moyenne) début juin et une crue fin novembre ayant présenté des débits moyens journaliers proches des valeurs d’une crue biennale (qui a une chance sur deux de se produire dans l’année, reviendra en théorie une année sur deux en moyenne sur une très longue série d’observations).



jeudi 7 mars 2019

Le comblement du plan d’eau de Bas-Rebourseaux



Le plan d’eau de Bas-Rebourseaux agit comme un « piège à sédiments » depuis sa création par la SNCF (Société Nationale des Chemins de fer Français) en 1981. Le taux de remplissage de la retenue de 19,8 hectares n’a pas été constant. 

En 2014, les 500 000 m3 de capacité de la gravière étaient remplis au 4/5ème, ce qui représente plus de 640 000 tonnes d’alluvions, des graves aux argiles. Soit un dépôt en moyenne de 6,31 centimètres par an sur la totalité du plan d’eau.

Ces chiffres se traduisent par les différences de côtes altimétriques mesurées en 1992 par l’Université de Bourgogne, et en 2013 par le géomètre mandaté par le SMBVA (Syndicat Mixte du Bassin Versant de l’Armançon).

Nous vous présentons ici ces levées en version simplifiée, la côte est donnée en NGF 69 (Nivellement Général de la France de 1969) et donne en somme l’altitude relativement au point « 0 », qui se trouve en France dans le port de Marseille. L’augmentation de l’altitude de la quasi-totalité des surfaces du plan d’eau témoigne bien de dépôts importants.


Côtes au fond du plan d’eau en 1992



Côtes au fond du plan d’eau en 2013

jeudi 28 février 2019

partenariat avec l’Université sur l’Armançon dans le florentinois


Suite à notre article sur l'avenir de la réserve de ornithologique de Bas-Rebourseaux, pour la 2ème année consécutive, le SMBVA accueille un étudiant de master 2 "dynamiques des milieux et risques" de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour une durée de 5 mois.

De plus, dans le cadre du partenariat scientifique interdisciplinaire accompagnant le projet de restauration du site, sont organisées des formations de terrain pour des étudiants de second cycle universitaire, au cours desquelles sont acquises les données devant permettre de suivre les évolutions morphologiques de l’Armançon dans le florentinois.
En effet, le suivi de ce volet est assuré par les chercheurs du Laboratoire de Géographie Physique de Meudon (Environnements Quaternaires et actuels, UMR 8591, CNRS) auquel est rattaché le Master de Géographie : Dynamiques des milieux et risques, porté par les universités Paris 1, 7 et Paris-Est-Créteil.
Pour beaucoup, l’Armançon est la meilleure école qui soit !

 Réalisation de relevés topographiques au drone

Mesures de substrat et inventaires d’habitats aquatiques


lundi 18 février 2019

Restauration de la mare aux joncs à Esnon

Une mare communale perchée sur le plateau de la forêt d’Othe vient d’être réhabilitée.
La commune d’Esnon a sollicité le SMBVA pour entreprendre cette action en faveur de la biodiversité. Ce point d’eau isolé permet notamment à de nombreux amphibiens (triton crêté, grenouilles agiles) et odonates (libellules) d’accomplir leur cycle de vie.


 Mare aux joncs avant travaux

Très envasé et envahi par les arbres ce milieu avait perdu une partie de son intérêt.
Ce milieu « rénové » devrait accueillir dès fin février les premières pontes de grenouilles rousses. Dans le même temps, les salamandres tachetées viendront peut-être y déposer leur progéniture, alors que les crapauds communs feront leur entrée en avril mai.
Pour garder un grand potentiel en terme de biodiversité, une mare ne doit ni être plantée (préférer la végétalisation spontanée), ni accueillir des poissons (prédateur de larves).
 
Mare aux joncs après travaux (1er février 2019)

mardi 12 février 2019

Restauration du ru de Bouilly

Cet hiver, les travaux de restauration du ru de Bouilly ont eu lieu. Grace aux différents aménagements, la continuité écologique a été rétablie en différents points, des abreuvoirs ont été réhabilités et des plantations ont été réalisées.


Rattrapage d'une chute en sortie de buse par une série de radiers

Création de radiers et de sinuosités pour diversifier les habitats

mardi 5 février 2019

Restauration du Landion à Etourvy, une pause s'impose!

Après 5 semaines de travaux, le chantier de restauration du Landion à Etourvy fait une pause, les travaux reprendront avec l’arrivée des beaux jours.
Nature du projet dans la partie amont du plan d'eau d'Etourvy
Cette première phase du chantier a notamment permis la connexion entre les rus de Trichey et de Quincerot, la réalisation de banquettes dans le ru de Trichey ou encore la création d’une mare.

Au premier plan, la mare; au second plan, le nouveau lit du ru de Quincerot

Un cours d’eau passe désormais dans l’emprise de l’ancien plan d’eau !
Les travaux, lors de la seconde phase, permettront :
-    de terminer le reméendrage amont
-    de terminer les banquette dans le bief et à l’aval du moulin
-    la végétalisation du site.

 Nouveau lit du ru de Quincerot
Affaire à suivre…

samedi 2 février 2019

Sensibilisation à la préservation des milieux humides au marché de Tonnerre le 2 février!

Le SMBVA a fait une animation au marché de Tonnerre de 9h à midi samedi 2 février 2019 !
Avec l'aide de la maquette du syndicat du bassin versant du Serein (SBS), nous avons parlé du rôle des zones humides et des actions du SMBVA en leur faveur!
Maquette du SBS au marché de Tonnerre

jeudi 17 janvier 2019

Ruissellement et érosion : visite en Pays-de-Caux

Dans le cadre de la prise de compétence GEMAPI, des questionnements sur les phénomènes de ruissellement et d'érosion en lien avec les deux études menées actuellement en interne et la potentielle prise de compétence " ruissellement ", le SMBVA a organisé une visite de terrain à Saint-Valery-en-Caux, en Seine-Maritime, le 19 et 20 novembre 2018.























Cette visite de terrain a permis d'observer des aménagements et des pratiques en place pour lutter contre l'érosion et le ruissellement sur ce territoire très largement concerné.

A - Fontaine-la-Mallet (Décembre 1995) / B - Bouvaincourt-sur-Bresle (2005) / C - Saint-Paër (2000) / D - Duclair (Mai 2000)  (c) AREAS


















Pour ce faire, une association locale (AREAS), des syndicats de bassins versants et un exploitant ont participé à l'organisation et au bon déroulement de la visite.

Au total, 25 participants (SMBVA, Chambre d'Agriculture 21, Agence de l'Eau Seine-Normandie, Syndicat SEQUANA, Communauté de Communes Chablis, Villages et Terroirs) se sont rendus en Pays de Caux.

La première journée a permis de mettre en avant l'historique de la Seine-Maritime en termes d'aléas ruissellement et d'érosion mais aussi l'organisation et la démarche politique mise en oeuvre pour répondre à ces problématiques.

L'accroissement du ruissellement et de l'érosion peut s'expliquer par l'évolution de l'aménagement du territoire et de l'occupation des sols sur l'ensemble du département mais également d'autres critères physiques tels que le caractère battant des sols (capacité à former une fine couche imperméable en surface lors de précipitations, diminuant ainsi l'infiltration et augmentant le ruissellement), les zones de pente importante et les précipitations.


Conséquences sur le territoire

  • Pertes des sols agricoles (75 % du département concerné)
  • 2540 déclarations Catastrophes Naturelles (CATNAT) de 1985 à 2009
  • Pollution de l'eau potable et des milieux aquatique (1000 à 2000 habitants privés d'eau potable plus de 15 jours par an)
  • Sédimentation et ensablement

À la suite des violentes inondations de 2000, le préfet a obligé la création et la structuration de syndicats de bassins versants sur l'ensemble du département. Les objectifs, en coopération avec les communes et les Maires (interlocuteurs principaux) sont les suivants :

  •  Écrêter les crues (champs d'épandage de crue, ouvrage de laminage : barrage, bassins...)
  • Favoriser l'infiltration de la pluie (pratiques agricoles, actions agronomiques...)
  •  Ralentir et ré-infiltrer le ruissellement (hydraulique douce - méthodes végétales - sur le chemin de l'eau : zones enherbées, mares, haies...)
 

lundi 14 janvier 2019

Le SMBVA sort de l’eau la manifestation de l’année !

En partenariat avec le MuséoParc Alésia, situé à Alise-Sainte-Reine (Côte-d'Or), le SMBVA organise la 1ère édition des Récid’Eau de l’Armançon les 2, 3 et 4 mai 2019.
L'évènement Récid'Eau, organisé habituellement tous les 2 ans par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie à Sens, a pour objectif de sensibiliser les scolaires et le grand public du territoire aux thématiques de l’eau.
  • La journée du 4 mai 2019, ainsi que les conférences organisées le soir, seront ouvertes au grand public. Retrouvez le programme complet de la manifestation sur notre site dédié : https://www.recideau-armancon.fr/

Le thème de la biodiversité sera mis en avant pour cette 1ère édition.
Récid'Eau 2018 à Sens

jeudi 10 janvier 2019

Renaturation du Verpant à Flavigny-sur-Ozerain

Le Verpant est un ruisseau de tête de bassin versant où l'on retrouve 2 espèces patrimoniales : la truite Fario et l'écrevisse à pattes blanches.
Ce projet a consisté à remplacer un passage busé infranchissable (pour la faune piscicole à la montaison ainsi que pour le transport sédimentaire) par un pont constitué d'un cadre en béton d’un gabarit adapté au cours d’eau et suffisamment enterré par rapport au fond du lit pour ne pas faire obstacle à la continuité écologique.


 Passage busé avant travaux

Ouvrage de franchissement après travaux

D’autre part, ces travaux, réalisés en octobre 2018 par l'entreprise SARL Hervé ROCHE, ont inclu la réfection d'une clôture qui avait été implantée dans le pré à l’aval du passage busé et qui commençait à être endommagée. La mise en place de cette clôture a permis l’installation d’une ripisylve fonctionnelle et une diversification des habitats favorable aux deux espèces patrimoniales rencontrées à l’amont.