vendredi 21 septembre 2018

Création d'une annexe hydraulique sur l'Armançon à Genay

Les annexes hydrauliques, que l'on appelle aussi "noue", "bras mort" ou encore "baissière", sont des milieux qui ont fortement régressé durant les dernières décennies sur le territoire national et sur le bassin de l'Armançon. Pourtant elles sont indispensables au cycle de vie de certaines espèces, tel que la reproduction du brochet (Exox lucius). C'est pourquoi vous pouvez aussi entendre parler de frayères à brochets pour nommer ces milieux.


     annexe hydraulique à Genay, connexion à l'Armançon (dernier plan) par l'aval

La reconquête de ces milieux annexes est un enjeu fort, d’autant plus qu’ils sont généralement caractérisés par une richesse faunistique et floristique exceptionnelle. En d’autres termes, la protection des ces milieux est aussi favorable à la sauvegarde de tout un cortège d’espèces (poissons,  mammifères, batraciens, invertébrés, plantes, oiseaux, insectes...). 



De nombreux services écosystémiques sont rendus par ces zones favorables au frai du brochet : épuration de l'eau, lutte contre les inondations, alimentation des nappes... Ainsi la restauration et la création d'annexes hydrauliques fait partie à part entière des travaux entrepris par les gestionnaires de cours d'eau.


































vendredi 24 août 2018

Focus sur le peuplier noir, espèce emblématique des rivières vivantes !

Un important travail de recensement est actuellement en cours sur l'Armançon.

Marc VILLAR, chercheur à l'INRA, effectue des investigations sur le peuplier noir depuis des années dans la France entière. Il s’intéresse particulièrement à la rivière Armançon, car elle possède un milieu favorable au développement de cette espèce d'arbre si particulière !

Le peuplier noir est une espèce dioïque (arbres mâles et femelles). Naturellement présent le long des cours d'eau, il n'existe plus de zones connues de régénération de l'espèce sur le bassin de la Seine*, excepté sur l'Armançon.

*La Loire, fleuve présentant une excellente dynamique fluviale, possède des densités d'individus et de zones de régénérations incomparables à la Seine chenalisée.


Ce constat s'explique par la capacité de l'Armançon à mobiliser des sédiments dans les zones dynamiques (exemple : secteur florentinois) et à créer des atterrissements de sédiments frais, nécessaires à la régénération de l'espèce Populus Nigra.

Pousses de peupliers noirs sur un atterrissement de l'Armançon

Ce processus permet de créer de la diversité génétique au sein de l'espèce, facteur important en termes de résilience, notamment pour les changements climatiques.

Outre son lien avec la bonne dynamique d'un cours d'eau, le peuplier noir présente de nombreux avantages lorsqu'il est présent dans la végétation rivulaire :

  • Espèce longévive (200 ans +), dominante de la forêt alluviale
  • Système racinaire vigoureux (permettant un ancrage profond, la fixation des sédiments, un accès à la nappe rapidement ainsi qu’une bonne résistance au vent)
  • Support de biodiversité : oiseaux, chauves-souris, insectes, champignons...

En résumé, les rivières dynamiques permettent la présence et la régénération des peupliers noirs, espèce emblématique des cours d'eau. Ainsi, Populus Nigra est un indicateur du bon fonctionnement de nos rivières.

jeudi 9 août 2018

Restauration de l'Armançon au moulin Saint-Pourcin


Entre Aisy et Perrigny-sur-Armançon, l’ancien moulin de Saint-Pourcin est abandonné par les hommes. Son ouvrage partiteur, éventré en rive gauche depuis plusieurs années, ne permet plus d’envoyer de l’eau sous le moulin. Son propriétaire a sollicité le SMBVA pour régulariser la situation administrative du site. 


Brèche avant travaux

Dans le cadre de sa politique de restauration des cours d’eau, le syndicat complète cette démarche administrative par des travaux d’élargissement latéral de la brèche dans le déversoir. Cette opération peu onéreuse, financée par l’Agence de l’eau, permettra à l’Armançon de vivre plus librement dans cet espace retiré et naturel où la nature a commencé à retrouver ses droits en « digérant » certains aménagements humains sans usage.

mardi 24 juillet 2018

Diagnostic du ru de Bord

Dans la continuité du travail de connaissance des petits cours d’eau entrepris par le SMBVA, un diagnostic du ru de Bord vient d’être réalisé par un stagiaire en BTS « Gestion et Protection de la Nature », Romain LAVEAU. Ce ruisseau qui prend sa source en pied de la cuesta de la forêt d’Othe sur la commune de Paroy-en-Othe n’est malheureusement pas permanent sur la totalité de son parcours. En effet le débit permanent du trop-plein de captage de Paroy-en-Othe se perd dans la plaine céréalière en période estivale, secteur où il a subi de lourds travaux hydrauliques par le passé. Il resurgit à l’amont de Brienon au lieu-dit de Sennevières. Préalablement à ces investigations, une communication a été faite envers élus et usagers. La restitution de ce travail a ensuite été présentée le 29 juin dernier à Brienon. 13 participants y ont assisté, notamment des riverains du cours d’eau intéressés et impliqués dans la démarche du SMBVA.

lundi 16 juillet 2018

L'importance du couvert des sols pour limiter l'inondation par ruissellement

 
Ruissellement et coulées de boue - Bussy-le-Grand (21) - orages du 10 mars 2018
Le bassin versant de l'Armançon a connu de nombreux phénomènes orageux intenses en mai-juin 2016 et début 2018. Ces phénomènes ont souvent causé de nombreux dégâts sur la voirie, les habitations mais aussi sur les parcelles cultivées.
 
Depuis octobre 2017, le SMBVA conduit une étude globale de cartographie des secteurs les plus propices à engendrer du ruissellement et de l'érosion. Parmi les variables étudiées, la pente locale, la pédologie (nature du sol) et la couverture des sols sont déterminantes pour caractériser le risque.
Outre la construction d'ouvrages, il est possible d'agir sur l'occupation des sols. L'expérience ci-dessous en montre le fort impact :
(c) Facebook
Dans cette démonstration ressemblant aux maquettes présentées aux élus du SMBVA en 2016 :
- à gauche, un sol nu,
- à droite, un sol couvert par de la végétation et un paillage.

Soumise à une pluie orageuse de même intensité (environ 60 mm/h) et de même quantité (env. 2L), la réponse hydrologique de chaque terrain est facilement observable !

  • Sur le sol couvert, l'eau commence à ruisseler plus tard (temps de réponse plus long), l'eau ruisselante est claire (moins d'entrainement de terre) et la majorité de l'eau est drainée par la terre (tuyau le plus bas).
  • Sur le sol nu, les particules de terre sont immédiatement arrachées et le ruissellement commence dès les premières secondes (tuyau du haut).
La quantité d'eau stockée à la parcelle est aussi bien différente.
L'adaptation des pratiques culturales est un vrai levier pour limiter l'érosion des sols, dont les cultivateurs sont les premiers touchés. Ces solutions diffuses peuvent être couplées à des aménagements d'hydraulique douce (haies, fascines, bandes enherbées...).
Perte en sols - Bussy-le-Grand (21) - orages du 10 mars 2018

dimanche 8 juillet 2018

Une liberté enfin retrouvée

A Perrigny-sur-Armançon, le niveau et l'écoulement de l'Armançon ne sont plus contraints par le seuil du moulin, premièrement car les vannes de décharges n’existent plus depuis les années 90, et deuxièmement parce que le déversoir a été déconstruit fin juin, suite à un projet de restauration du profil de l'Armançon, porté par le SMBVA en appui du propriétaire du moulin.

déversoir du moulin en février 2011

La population s'était attachée à ce déversoir malgré l'opposition qu'il avait suscité à sa construction. L'ouvrage n'ayant plus d'usage tel que défini par le droit d'eau, la rivière peut à nouveau couler librement. La première tranche de travaux, dimensionnée par un bureau d'étude spécialisé, concerne le lit mineur : le déversoir a été remplacé par 2 radiers, 2 épis permettent de diversifier les milieux, le réajustement naturel de la rivière fera le reste.

 Armançon au droit de l'ancien ouvrage, juillet 2018

Cette réalisation a pour bénéfices : la reconstitution de la trame bleue (connexion amont-aval pour les poissons et les sédiments), la diversification des écosystèmes autour de l’Armançon, et également la mise au norme de l'ancien moulin puisqu’il n’a plus d’impact sur la rivière.


radier aval

Une seconde tranche de travaux en lit majeur associé sera exécutée à l'automne. Issue de la concertation avec les riverains, elle prévoit : la plantation d'arbres et d'une haie, la pose de clôture incluant des points d'abreuvement, la création de mares, le traitement d'un buisson de renouée du Japon et la création d'une défense incendie normalisée.

Rivières vivantes de seine mont

mardi 3 juillet 2018

Réaménagement d'une mare à Vezannes


Suite à une demande des élus, le SMBVA a proposé l’aménagement d’une mare communale située le long du Cléon. Ce micro milieu humide, oasis de biodiversité en secteur karstique (très sec en période estivale), a été légèrement agrandit et mis en valeur par un cheminement. 

 Mare de Vezannes, après travaux

Cette mare appartiendra au réseau « mare de bourgogne », démarche initiée par le Conservatoire d'Espace Naturel et la Société d'Histoire Naturelle d'Autun qui permet de mettre en valeur et de préserver ces milieux. Un panneau permettra d'expliquer l’intérêt du site et d'interdire l'introduction de poissons, prédateurs naturels de nombreuses larves de batraciens et odonates (libellules).