jeudi 19 avril 2018

Conséquences d'un enrochement de berge : érosion éclair au gué des pierres.

Erosion du méandre du gué des pierres

En plus d'avoir un débit d'eau, les rivières ont une capacité à transporter des sédiments. Lorsque cette capacité n’est pas mobilisée pour charrier des matériaux, la rivière érode pour en prendre en charge.
En arrivant sur un méandre, le changement d’orientation du flux va accélérer les vitesses de la rive concave (extrado) en créant une érosion, et déposer de la charge en rive convexe (intrado) où les vitesses et la capacité de transport est moindre.

 Situation du méandre du gué des pierres sur l'Armançon

Cette dynamique naturelle est souvent empêchée par la mise en place de protections de berge, un enrochement par exemple.
Toutefois, ces aménagements ne sont pas sans conséquences : l'énergie de la rivière, n’ayant pas pu se dissiper en érodant la berge, du fait de l’enrochement, l'eau prend de la vitesse, se faisant, elle augmente les forces tractrices qu’elle peut exercer, et donc, sa capacité à éroder.
Cette capacité augmentée va venir s’exercer sur le prochain secteur non protégé.
C’est exactement ce qui s’est produit au gué des Pierres (ci dessous).


En 1993, la berge concave du premier méandre a été enrochée.
En conséquence, la rive concave du méandre suivant s’est vue exposée à une rivière aux capacités érosives augmentées.
En trois ans seulement après l’enrochement, le méandre a progressé de 32 mètres dans le pré voisin. Une surface de 6500 m² a été perdue rien que sur cette période.

Artificialiser des berges n'est donc pas une opération à prendre à la légère.